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lundi 24 novembre 2008

Sainte Catherine se fête le 25 Novembre ...

...et Corpsyphonie célèbre selon la tradition les Catherine en les invitant pour une des danses traditionnelles les plus anciennes, un rond d'Argenton: "Catherine est au bord du bois".
Originaire du Bas Berry, les ronds d'Argenton se dansent en rond et en chantant.

Au temps jadis, les jeunes filles encore célibataires à vingt-cinq ans imploraient la sainte, après l'avoir orné sa statue d'une coiffe:
Sainte Catherine, aide-moi. Ne me laisse pas mourir célibataire. Un mari, sainte Catherine, un bon, sainte Catherine; mais plutôt un que pas du tout.
De l'expression "coiffer Saint Catherine", la tradition qui remonte au Moyen Age a voulu qu'elles portent un chapeau extravagant aux tons jaunes et verts.

"A la Sainte Catherine, tout bois prend racine" dit aussi un dicton bien connu des jardiniers. La période de la fin novembre est assurément la plus favorable aux plantations. Symboliquement, il nous faut en profiter pour "planter" de nouveaux articles et assurer ainsi la croissance du site.

Le 25 Novembre, c'est aussi juste un mois avant Noël: avant cette grande fête chrétienne, les concerts se multiplient , l'agenda se remplit...

mercredi 19 novembre 2008

Le Beaujolais nouveau est arrivé

Le Beaujolais nouveau est arrivé,
Le chant
nouveau est arrivé.

C'est l'occasion de trinquer en chantant cette vieille chansons de Pierre-Jean de Béranger:

Trinquons!

jeudi 13 novembre 2008

Eurydice à Florence

Comment Eurydice revint définitivement à la vie à Florence avec l’opéra.

Au début du XVe. siècle, la noblesse, et en particulier la noblesse italienne, ne se contente plus, au niveau musical, des messes, motets, et tous ces formes d’œuvres de musique sacrée que ces personnages, puissants, avaient l’habitude d’entendre dans leur chapelle. C’est ainsi qu’à Florence ils créèrent, autour d’eux, ce qu’on appellera plus tard des salons.

Ces réunions de poètes, de musiciens et de membres éclairés de la noblesse s’appellent alors des cénacles ou camerata. La plus connue est la camerata du comte Bardi (1534-1614) appelée encore Camerata Fiorentina ou Cercle de Florence.

Parmi ses membres on y remarque Vincenzo Galilei (1520-1591), théoricien de la musique qui prône un style mélodique proche de la monodie grecque (V.Galilei est le père du célèbre physicien et astronome Galileo Galilei dit Galilée, 1564-1642, qui en observant les ondes stationnaires en acoustique définira les intervalles musicaux). On rencontre également Ottavio Riniccini, poète dont le style pastoral était fort à la mode à cette époque. Mais on discernera surtout les musiciens, chanteurs et compositeurs Emilio de Cavalieri (1550-1602), Giulio Caccini (1551-1618) et Jacopo Peri (1561-1633).

Aucun d’entre eux ne saurait s’attribuer l’invention de l’opéra, ni même du récitatif qui existait déjà dans le théâtre grec, mais c’est bien au sein du cénacle du comte Bardi que naquit l’idée d’associer le récitatif à une œuvre lyrique autour d’un sujet dramatique.

Un évènement « médiatique » allait faire entrer l’opéra dans l’histoire. En effet, les florentins avait financé Henri de Navarre pour lui permettre d’accéder au trône de France. Il leur était donc redevable de la somme d’un million d’écus d’or. En annulant son mariage avec Marguerite de Valois et en épousant la nièce du Grand Duc de Toscane Ferdinand 1er., il voyait sa dette se réduire à quatre cent mille écus. C’est ainsi que fut décidé le mariage d’Henri IV (1553-1610) avec la jeune Marie de Médicis alors âgée de dix-sept ans. Pour marquer cet évènement, il fut décidé qu’il y aurait, au palais Pitti, la représentation d’un drame lyrique avec tout le faste qu’il convenait.

Tout naturellement, on demanda aux membres de la camerata fiorentina de participer à ce projet. Le livret fut donc confié à Rinuccini, Peri fut nommé compositeur principal, Cavalieri fut chargé des intermèdes et Caccini fut associé à l’œuvre en fournissant quelques airs. Il bénéficia en outre d’une autre commande en compensation de n’avoir pas été nommé compositeur principal.

Déjà très présent dans la culture florentine, le sujet choisi fut le mythe d’Orphée. Cependant, la nymphe Eurydice, la véritable héroïne, devait revenir définitivement à la vie au lieu de retourner aux Enfers. Un « Happy End » qui allait devenir une des règles de l’opéra.

C’est donc le 6 Octobre 1600 que fut donné la première de EURIDICE, Peri y tenant le rôle d’Orphée.

Devant l’immense succès remporté par Peri, Caccini s’empressa de composer son propre EURIDICE sur le même livret que Peri. Sa représentation eut lieu le 5 décembre 1602, sans grand succès. Pourtant des airs de Caccini furent chantés lors de la première représentation de l’œuvre de Peri en 1600. De plus, Caccini avait réussi à précéder Peri en faisant publier son EURIDICE dès 1601.

On pourrait regretter que la dure loi de la concurence vienne entacher un évènement aussi important, mais cette rivalité n’est-elle pas à la hauteur de l’événement ?

EURIDICE est le premier opéra dont la musique nous soit parvenue intégralement. Peri avait composé DAPHNE sur un texte de Rinuccini dont la première représentation avait eut lieu au cours du carnaval de 1597 mais dont il ne reste que quelques fragments.

L’EURIDICE de Peri est souvent donné et a été enregistré de nombreuses fois.

L’EURIDICE de Caccini est très rarement représenté.

Caccini publia « Nuove Musiche » en 1602. Ce premier traité sur l’art vocal, qui démontre l’importance de l’interprétation, fut considérée comme une des sources majeures de la pratique du chant jusqu’au début du XVIIe.siècle. Tous les chanteurs débutants connaissent bien le fameux madrigal Amarilli ! Citons également un morceau présent sur le site Corpsyphonie: Amor, ch'attendi ?

Peri récolta les fruits du succès et fut nommé directeur de la musique du Grand Duc, puis camerlengo generale. Il écrivit alors de nombreux ballets, intermèdes et fêtes aujourd’hui perdus. En 1609 il publia un recueil de chansons le Varie Musiche et collabora ensuite avec Marco de Gagliano pour les opéras de ce dernier. Les chanteurs débutants connaissent sans doute Gioite al canto mio extrait de Euridice, souvent évité car en mesures composées !

Après Ferdinand Ier Grand Duc de Toscane de 1587 à 1609, et plus sensiblement à l’arrivée du Grand Duc Ferdinand II en 1621, la décadence des Médicis s’accélère . Ferdinand II se laisse dominer par les moines et c’est le déclin de l’activité artistique à Florence.

Eurydice à Florence

vendredi 7 novembre 2008

Le piano a été inventé à Grenoble

Une nouvelle anecdote au titre de la culture locale publiée sur Corpsyphoniog, le blog de Corpsyphonie, site internet Grenoblois dédié au chant, aux chanteurs et à l'apprentissage de l'art vocal.


Tiré de l’ouvrage « Chronique dauphinoise du début du siècle »

Extrait de Grenoble-Revue du 15 octobre 1890

Monsieur Pradel n’y met vraiment pas assez de circonspection et de mesure ; il touche irrévérencieusement à nos gloires.

Le piano, le sait-il ? est né à Grenoble…

Oui, l’instrument, cher à Monsieur Massenet, détesté de Monsieur Reyer, que Berlioz ne sut jamais toucher –ce qui me console de n’avoir pas le talent de Jules Tardy - a été inventé par un maître de chapelle de la cathédrale.

Rien ne manque à sa gloire : il manquait à la nôtre…

Du moins, que ce titre d’honneur appartient à notre cité, c’est à M.A. Prudhomme qui, dans son excellente « Histoire de Grenoble », nous l’affirme, et je n’ai pas de raison pour douter de la parole de l’érudit archiviste de l’Isère :


-La musique comptait (dans notre ville), depuis le commencement du XVIIIe. siècle, avec des amis très ardents, quelques maîtres de talent. A leur tête, on doit nommer le compositeur Joseph Antoine Berger, qui fut, pendant de longues années, l’organiste de l’église Notre-Dame. Il perfectionna les épinettes, de façon à leur rendre non seulement un jeu du luth, celui de la harpe, le « piano », le « forte » mais encore le « crescendo », effet qui, jusqu’alors avait été regardé comme impossible à trouver. L’académie des sciences à laquelle il communiqua son projet, en 1765, reconnu l’importance de sa découverte et lui adressa ses félicitations. Encouragé par cette haute approbation, Berger poursuivit ses études et imagina d’adapter un clavier à une harpe ordinaire. Le principe du piano était trouvé !

Malheureusement, notre artiste confia l’exécution de son instrument à un Allemand nommé Tuque, lequel, au moment où l’œuvre était presque achevée, s’enfuit dans son Pays, emportant la mécanique et les plans de Berger-


Je n’ai pas d’autres détails sur l’invention de Berger, on peut sans doute objecter que le principe du clavier était, dès longtemps, connu, puisque clavecins et clavicordes paraissent exister dès le XVe. siècle, mais on sait aussi que la mise en vibration des cordes, au lieu d’être obtenue par le heurt d’un marteau, l’était par la pression d’une pointe de plume de corbeau.

La modification est-elle l’œuvre de Berger ? Il semblerait bien. Le mécanisme du clavecin ne permet de tirer, de l’instrument, que des sonorités grêles, sans modifications possibles, que des murmures délicats toujours semblables, tandis, comme on vient de le voir, que Berger avait trouvé le moyen de faire passer le son par toutes les nuances, du pianissimo au fortissimo.

Honneur donc à Berger, inventeur du piano ! (*) Que sa mémoire soit bénie par les filles de nos concierges qui se préparent aux concours du conservatoire !

Notre patriotisme local nous interdit, désormais, de honnir l’admirable instrument, et, pour ma part, je me déclare dorénavant prêt à subir sans défaillance (au risque de m’en aller remettre à saint Robert) tous les exercices de Czerny, exécutés, dans tous les sens du mot, par ma petite voisine du second…

Voilà encore une statue qui nous manque ! (**)…

On pourrait bien charger Monsieur Pradel de recueillir les souscriptions, pour lui apprendre…

Le forte-piano, après avoir fait, de Grenoble en Allemagne, la fugue que l’on sait (une fugue que Sébastien Bach n’a pas songé à écrire) rentra en France en 1775. Ce fut Mademoiselle Bayon qui épousa Louis, l’architecte du Grand Théâtre de Bordeaux, qui le fit connaître.

La correspondance de Métra, à la date du 3 août 1776, contient ces lignes :

-Ce fut elle (Madame Louis) qui mit à la mode le piano-forte, instrument qui a aujourd’hui la plus grande vogue-

On a détruit la Bastille depuis mais le piano reste toujours, versant des torrents d’harmonies sur ses obscurs blasphémateurs.

Raoul Montès

* J’ignore si notre sympathique adjudant de police compte en notre inventeur un glorieux ancêtre. On pourrait, si c’était exact, conclure que, dans la famille, l’amour de la musique s’est maintenu. Il n’y a que l’instrument de changé, l’aïeul s’occupait de piano, le descendant s’occupe de violon.

** Depuis quelques années, les bronzes et les marbres jaillissent pour ainsi dire spontanément du sol français ; nous sommes atteints, dit-on, de la STATUMANIE. D’aucuns rient et plaisantent cette rage d’ériger des monuments à tous nos grands hommes de première et de seconde catégorie. C’est un petit ridicule, si l’on veut, mais c’est un ridicule qui nous sauve de l’ingratitude…